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Actualité

14/05/2012

Les coeurs mosellans, objets de toutes les attentions

Catégorie : Au coeur des services

Article du Républicain Lorrain du 14/05/12

Par rapport à la moyenne nationale, le taux de mortalité par maladie cardio-vasculaire est très élevé dans le Bassin houiller et le Pays du Saulnois. Un programme de prévention lancé par l'ARS semble porter ses fruits.

L'Agence régionale de santé et le Régime d'assurance maladie Alsace-Moselle se préoccupent des personnes de 35 à 55 ans présentant des risques cardio-vasculaires. Photo Delphine DE LUCIA

Hier encore, le Bassin houiller détenait un triste record en Lorraine : celui du plus grand taux de mortalité par maladies cardio-vasculaires. Alors que le nombre de décès pour 100 000 habitants est de 232 en France, il passe à 266 en Lorraine, à 320 dans la région des Houillères (chiffres de 2005). « Scientifiquement, on ne l'explique pas, admet Carole Gravatte, chargée de projets à l'Ireps (Instance régionale d'éducation et de la promotion de la santé). Mais on sait qu'une alimentation trop riche, des métiers propres aux régions minières, le manque de structures de soins proches de chez soi peuvent s'ajouter aux facteurs de risques. » D'après une récente publication de l'Observatoire régional de la santé, le Bassin houiller se ferait, aujourd'hui, ravir la première place par le Pays du Saulnois et le territoire de Sarreguemines (chiffres de 2007).

Projet unique en France

Face à ce constat de surmortalité, l'Agence régionale de santé (ARS) et le Régime d'assurance maladie Alsace-Moselle ont lancé un programme de prévention des risques cardio-vasculaires, une action expérimentale unique en France. Le projet, nommé Je t'aime mon cœur, a été ébauché en 2009, lancé en 2010. Son objectif : inciter les personnes à risques à adopter des comportements protecteurs de leur santé en équilibrant leur alimentation, en pratiquant une activité physique, en s'arrêtant de fumer, en gérant le stress... « À partir d'un parcours personnalisé et adapté à chacun de nos adhérents, notre but est de les rendre autonomes à l'issue de la prise en charge qui peut aller jusqu'à un an », ajoute Carole Gravatte. Sont concernés les hommes et femmes de 35-55 ans présentant un terrain favorable aux pathologies et accidents vasculaires. Des professionnels de la santé (infirmière, diététicienne, psychologue, tabacologue, coach sportif, etc.), réunis en cellule éducative, les accompagnent individuellement et gratuitement. La majorité présente un problème de surpoids. Les médecins généralistes sont les pivots de cette action Je t'aime mon cœur. Ils assurent le repérage et le suivi de l'éducation thérapeutique. Ce sont eux aussi qui orientent les patients vers une des quatre cellules éducatives existantes sur les secteurs de Briey, Sarreguemines, Pays du Saulnois et Bassin houiller. Au 31 décembre 2011, les infirmières coordinatrices avaient déjà accueilli 750 personnes, « soit 269 % de plus qu'il y a deux ans », calcule Carole. Le caractère expérimental de Je t'aime mon cœur oblige les acteurs du projet à rendre régulièrement des comptes à l'ARS. Ils sont encourageants. 73 % des adhérents ayant un objectif en diététique ont perdu du poids. 88 % déclarent avoir acquis des connaissances sur les maladies cardio-vasculaires et les facteurs de risques. L'équipe paramédicale perçoit aussi chez les personnes suivies une estime de soi, un bien-être psychologique et social.

« Notre but est de modéliser ce programme régional de réduction des risques cardio-vasculaires pour le proposer ailleurs qu'en Lorraine », envisage Christel Evrard, chargée de mission à la Carmi-Est (sécurité sociale minière), coordinatrice du programme Je t'aime mon cœur, avec le concours de l'Union départementale des associations familiales de Moselle (Udaf), Unisanté, le club Cœur et santé de Freyming-Merlebach et l'Association médicale mosellane de perfectionnement post-universitaire (AMMPPU) de Saint-Avold.

Contact : tél. : 0 800 150 450 (appel gratuit depuis un téléphone fixe).

Odile BOUTSERIN.

Autre article: Page 2, dimanche 13 mai, édition de Saint-Avold, le Républicain Lorrain


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