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Actualité

04/01/2013

La maraude veille et espère passer l’hiver

Catégorie : Logement

Article du RĂ©publicain Lorrain du 30/12/12

Depuis deux mois, l'équipe mobile de l'UDAF est repartie en maraude. Son but, détecter les sans-abri, nouer le contact avec eux, veiller aux situations d'urgences. Son espoir, continuer de fonctionner une fois l'hiver terminé.

Pas question de s'immiscer dans la vie des sans-abri. Mais la maraude rend régulièrement visite aux personnes qu'elle a repérées. Photo Thierry NICOLAS.

Un café, une soupe, un repas lyophilisé, une couverture. Les membres de l'équipe mobile de l'Udaf (Union départementale des associations familiales) ont toujours ce minimum dans leur sacoche. Et un peu plus encore : du temps et une oreille attentive. Depuis le 1er novembre, Elise, Hélène et Sébastien font la maraude dans toute la Moselle-Est. Un grand écart de Creutzwald à Bitche, en passant par Saint-Avold, Forbach et Sarreguemines. « L'année dernière, l'équipe à fait 12 000 km en cinq mois », témoigne Christine Auclair, directrice du pôle hébergement-logement à l'Udaf de Moselle.

Une certaine pudeur

Sept jours sur sept, la maraude part à la rencontre des sans-abri, des personnes en errance à l'habitat précaire. « On les voit parfois la journée. Ils font la manche, se retrouvent sur des parkings ou dans les gares. Mais à la nuit tombée, ils disparaissent », confient les travailleurs sociaux. « Dans les grandes villes, les sans-abri savent où les soupes sont servies, ils se réunissent. En Moselle-Est, malgré la présence de villes de tailles moyennes, nous sommes en milieu rural. Il y a une certaine pudeur. C'est dur de montrer que l'on est dans la mouise », commente Pierre Nierenberger, chef de service du CHRS (centre d'hébergement et de réinsertion sociale) de Sarreguemines. Alors l'équipe part à leur rencontre. Dans des abris de fortune divers. « On a déjà vu des squats dans des immeubles désaffectés, mais aussi dans des caves, des grottes, des cabanes, des ruines... » Des endroits improbables. « Il est donc primordial que nos partenaires nous signalent les cas de sans-abri ». Ces partenaires sont les mairies, les CCAS, la police, la gendarmerie, les bailleurs sociaux, les clubs de prévention... « Mais aussi les simples citoyens qui peuvent nous signaler des cas ».

Etablir le lien

Pas question pour l'équipe mobile de venir faire une enquête sur la personne qui s'est retrouvée à la rue. « Il n'y a jamais aucun jugement sur la personne, sur la façon dont elle en est arrivée là, sur les moyens qu'elle met pour s'en sortir ou ses éventuelles addictions ». Une "neutralité" indispensable pour tisser le lien. Car le premier travail de l'équipe mobile, c'est bien de créer une relation de confiance. « Cela prend du temps. On rend visite régulièrement aux personnes que l'on a repérées », explique Elise. De fil en aiguille, le lien devient moins ténu. Et l'équipe peut proposer un accompagnement. Outre les solutions d'hébergement d'urgence, « les éducateurs sociaux peuvent vérifier que la personne a bien fait valoir tous ses droits au RSA, à la retraite ou à la CMU », précise Christine Auclair. Et peuvent même les accompagner directement dans les organismes pour régulariser leurs situations. Certains peuvent même réintégrer un logement.

Outre le repérage et l'aide d'urgence, c'est donc un véritable travail de fond qu'effectue la maraude en Moselle-Est. Un travail de fond qui, depuis quatre ans, s'arrête brutalement le 1er avril. « Notre équipe mobile est réenclenchée chaque année, mais elle n'est pas pérenne », regrette Christine Auclair. Le sillon mosellan voit ses équipes tourner 365 jours sur 365. Mais la Moselle-Est, forte de 350 000 habitants, n'y a pas droit. « On espère vraiment que l'action sera pérennisée ». Pour cela, il faudra que l'Etat desserre les cordons de la bourse. Car la prise en charge des sans-abri ne s'arrête pas au retour des beaux jours.

Pour signaler un cas, contacter la maraude

au 06 78 95 46 33,ou 115 ou 03 87 95 27 96

CĂ©cile CHAMBRU.


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