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Actualité

16/09/2010

Equipe mobile de Moselle-Est

Catégorie : Archives

Article du REPUBLICAIN LORRAIN sur l'équipe mobile de l'UDAF.

 

solidarité chrs-udaf

Un an de maraude sociale pour l'équipe mobile

 

 Robert, 48 ans, avait improvisé sa chambre dans cette maison en ruines à Welferding. Il a été convaincu par l'équipe mobile de rejoindre le centre d'hébergement de Sarreguemines (de g. à dte : Pierre Nierenberger, Paul Becker et Lionel Dortu). Photo Thierry NICOLAS.

 

Créée il y a un an, l'équipe mobile de Moselle-Est est allée à la rencontre de 82 personnes vivant en habitat précaire. Son rôle : « recréer du lien social » pour ces publics isolés, et proposer des solutions d'hébergement.

L'équipe mobile de Moselle-est maraude depuis un an dans les squats, cabanes, tentes et grottes de Sarreguemines, Forbach, Freyming-Merlebach et Saint-Avold. Son originalité : aller à la rencontre des personnes qui vivent dans des habitats précaires, sur un territoire en partie rural. Ce qui ajoute à la difficulté, car dans les campagnes les "SDF" sont plus difficiles à localiser qu'en ville.

Éviter l'extrême marginalisation

«  Le but est de recréer du lien social... à défaut d'insertion. D'éviter une marginalisation extrême de la personne. De la maintenir dans une forme de dignité », souligne Pierre Nierenberger, chef de service au CHRS (centre d'hébergement et de réinsertion sociale) de Sarreguemines, géré par l'Udaf (Union départementale des associations familiales).

Six jours sur sept, de 9 h à près de 21 h, deux des trois intervenants patrouillent dans une 207 break chargée de couvertures, de soupe, café et repas lyophilisés. Ils font la tournée des squats qu'ils connaissent, et se déplacent aussi sur signalement. Les appels émanent de particuliers, du 115, ou de structures comme les CCAS (centres communaux d'action sociale), les Restos du cœur, les différents services du CMSEA (Comité mosellan de sauvegarde des enfants, des adolescents et des adultes), les antennes de toxicomanie, etc. «  Sans partenariat, on ne peut pas fonctionner », précise Pierre Nierenberger.

Proposer une mise à l'abri

«  On a des suivis réguliers : des gens qui affirment rester dehors "par choix", souvent parce qu'ils rencontrent des difficultés avec les règles de la vie en communauté  », relate Lionel Dortu, éducateur spécialisé. «  Ou parce qu'ils ont des animaux, et que la seule structure de Moselle-est qui les accueille est à Metz », reprend Pierre Nierenberger. «  D'où l'importance des CCAS, qui leur attribuent une adresse administrative. Cela permet de leur ouvrir des droits en matière de santé ou de RSA (revenu de solidarité active) », fait valoir Paul Becker, assistant social, intégré à l'équipe mobile début décembre.

Le public touché est essentiellement masculin, âgé de 30 à 40 ans en moyenne, le plus souvent originaire de la région. «  Ce sont des gens qui ne veulent pas être déracinés. » Les femmes sont une minorité. Quand, rarement, il y a des enfants, les différents acteurs sociaux comme la PMI (protection maternelle et infantile) se mobilisent rapidement. «  La situation des femmes est souvent due à un divorce ou à des violences conjugales, et elles acceptent les solutions d'hébergement », commente Lionel Dortu.

Car le rôle des travailleurs sociaux est de proposer une "mise à l'abri". 60 % des personnes passent alors la nuit au CHRS de Sarreguemines. Si les 24 places en hébergement d'urgence sont déjà occupées, des lits d'appoint sont déployés pendant la période hivernale. Certains sont dirigés vers les Restos du cœur de Schorbach, d'autres vers les foyers Horizon de Betting et Espoir de Forbach, ou l'Hôtel social de Stiring-Wendel...

«  Les neuf dixièmes des personnes mises à l'abri restent sur le long terme », souligne Lionel Dortu. Elles occupent alors une des 55 places "en insertion" dont dispose la structure sarregueminoise. Comme Robert, cet Allemand de 48 ans qui vivait dans une maison en ruines à Welferding : il y a un an, il a été le premier SDF convaincu de passer le réveillon à l'abri par l'équipe mobile nouvellement créée. Accompagné pendant plusieurs mois au CHRS, il vit aujourd'hui dans un logement autonome.

Textes : Estelle FERNANDES.

Le Républicain Lorrain

Publié le 13/01/2010


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