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Actualité

06/12/2010

Accueil d’urgence : aller vers ceux qui ne viennent pas

Catégorie : Archives

Article du REPUBLICAIN LORRAIN sur l'Ă©quipe mobile de Moselle-Est

Les travailleurs sociaux de l'équipe mobile de Moselle-est espèrent entrer en contact avec les personnes qui se sont installées dans ce squat, et les convaincre d'accepter un hébergement. Photo Thierry NICOLAS

L'équipe mobile de Moselle-est part en maraude à la rencontre des personnes qui vivent dans des squats, pour le troisième hiver. De Sarreguemines à Saint-Avold, elle leur offre un lit au chaud ou des vivres, et un accès aux droits.

Une maison délabrée et figée dans la neige, en plein centre de Sarreguemines. Des gens dorment là, dans le froid glacial, sur un matelas souillé. Une couverture tendue pour colmater les fenêtres béantes l'atteste, ainsi que des boîtes de pâtée pour chien, ou encore ces trois agglos derrière la porte défoncée, dérisoire moyen de se protéger d'éventuels intrus.

« Conditions de vie... ou de survie »

Soupes lyophilisées et thermos d'eau chaude en main, les travailleurs sociaux de l'équipe mobile de Moselle-est y sont venus jeudi et vendredi, mais ils n'ont trouvé personne. Doivent-ils laisser leur carte de visite ? «  Même avec un mot d'explication, ça peut les effrayer et les faire partir », prévient Lionel Dortu, éducateur spécialisé.

De Saint-Avold à Sarreguemines, pour le troisième hiver, la "maraude" va à la rencontre des publics les plus fragiles, isolés, souvent les plus difficiles à toucher. Elle offre nourriture, vêtements et couvertures à ceux qui refusent de venir passer la nuit au chaud. Ceux qui ont un animal pour tout compagnon par exemple, et qui ne veulent pas le laisser à la SPA. Car le seul foyer mosellan habilité à les accueillir ensemble est à Metz. En chambre (il y a 24 places pour l'accueil d'urgence, déjà toutes prises) ou sur lit d'appoint, le CHRS de Sarreguemines accueille tous les publics, notamment les familles. Selon les places disponibles, les hommes pourront aussi être dirigés vers le foyer Horizon à Stiring-Wendel, les femmes vers Espoir, à Forbach.

«  L'équipe va à la rencontre de ceux qui ne viennent pas d'eux-mêmes », résume Christine Auclair, directrice du centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) de Sarreguemines et du centre d'hébergement éclaté de Forbach (CHE), gérés par l'Udaf (Union départementale des associations familiales). «  Elle évalue leurs conditions de vie, ou de survie parfois, et vérifie leur accès aux droits. » A la CMU (couverture maladie universelle) par exemple. Le but est d'établir le contact, puis d'essayer d'accompagner ces publics dans une démarche de réinsertion. Toujours sur la base de leur libre adhésion.

Parmi les 110 personnes rencontrées et les 40 mises à l'abri depuis la création de l'équipe en décembre 2008, le cas de cette jeune fille qui avait passé une partie de l'hiver dernier sous une tente à Sarreguemines est une belle réussite. «  Elle n'avait pas de CMU et était d'abord très réfractaire aux institutions », se souvient Paul Becker, assistant social de formation. Au fil des rencontres, elle s'était laissée convaincre. Et avait fini par se trouver elle-même un appartement dans le pays de Bitche.

Un peu de chaleur

Le dispositif coordonné par Pierre Nierenberger au CHRS de Sarreguemines est financé par l'État jusqu'au 30 avril prochain. Les trois diplômés qui constituent l'équipe se relaient depuis mercredi pour assurer une présence en binome tous les jours, de midi à 20 h. Ils travaillent sur signalement, en partenariat avec les organismes sociaux, et visitent les maisons abandonnées halls de gares, et entrées de supermarchés. Parce que c'est là que les gens qui sont "à la rue" vont trouver un peu de chaleur.

Estelle FERNANDES.

Pour tout signalement, appeler le 115, ou l'Ă©quipe mobile au 06 78 95 46 33 ou au 03 87 95 27 96.

 LE REPUBLICAIN LORRAIN

Publié le 05/12/2010


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