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Actualité

23/06/2011

Ne pas être lésé quand on a un enfant

Catégorie : Société

Article du Républicain Lorrain du 21/06/11

L'UDAF (Union départementale des associations familiales) en Moselle regroupe 80 associations locales et regroupe 13 000 familles. Son troisième observatoire a ciblé, cette année, le pouvoir d'achat. Avec des constats accablants.

Le D r Alix Fiorletta, président de l'UDAF de Moselle. « Notre enquête le prouve : un couple perd 10 % de pouvoir d'achat à chaque enfant. » Photo Gilles WIRTZ.

C'est un petit document de trente-deux pages, recto verso, distribué hier soir lors de l'assemblée générale de l'Udaf, à Metz. Il s'intitule Observatoire des familles : le pouvoir d'achat des Mosellans.

Il a été envoyé à 3 000 personnes : 361 ont répondu. Un bel échantillon, presque représentatif de la population, capable de donner un bon aperçu de la situation économique et sociale des Mosellans.

Il a été construit autour d'une seule question : celle du ressenti face au pouvoir d'achat. « Nous avons demandé aux gens s'ils avaient perçu, au cours de l'année écoulée, une hausse des prix de l'énergie, du logement, de la consommation », explique Alain Jacq, directeur de la Mission institutionnelle de l'Udaf. Les conclusions sont nettes : si les loyers ne semblent pas avoir grimpé, les ménages ont l'impression de payer leurs factures énergétiques et leurs produits de consommation plus chers. « Nous leur avons demandé leur stratégie de contournement face à ces hausses de prix. Certaines familles ont choisi de dépenser moins en chauffage, d'autres vont chez les discounters », poursuit Alain Jacq. Le souci, c'est que « certaines familles sont au taquet des économies à réaliser ». Et parmi celles-ci, les familles, monoparentales ou non, avec enfants. « Au troisième enfant, il y a un réel décrochage », relève de son côté Claudine Clerc, directrice générale de l'Udaf Moselle. Il faut un appartement plus grand, changer de véhicule... Et modifier parfois son temps de travail, ce qui peut induire une baisse de revenus...

Lorsque les familles sont au taquet des dépenses possibles, que reste-t-il ? Rogner sur les loisirs, le chauffage, certes, mais aussi sur la santé. « Les familles ne font pas d'économies sur la santé des enfants, mais les parents économisent sur leur propre santé. Ils décident aussi de ne pas tailler dans les dépenses d'études, mais sur les autres postes », observe encore Alain Jacq.

« Trouver un équilibre »

Alors ? Une fois ces constats livrés, que peut faire l'Udaf ? Au niveau de la Moselle, l'Union des associations familiales a du poids : elle représente 80 associations locales, 13 000 familles. Informer sur la vie des familles fait partie de ses statuts depuis 1945.

Au-delà de cette enquête, l'Udaf veut faire pression auprès des élus et des personnalités. « Notre rôle est d'alerter. Le niveau de vie des familles baisse de 10 % par enfant. Il faut ramener l'égalité entre les gens qui ont des enfants et les autres. La famille, c'est la richesse du futur : aujourd'hui, elle est pénalisée. Nous ne sommes pas pour un changement de la répartition, mais pour un rééquilibre », résume le D r Alix Fiorletta, président de l'Udaf Moselle. « Aujourd'hui, on ne doit pas être lésé quand on a un enfant. »

O. J.

LE REPUBLICAIN LORRAIN


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