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Actualité

14/10/2011

Edito du président

Catégorie : Mots du président

Edito du Président du juin 2011

Si il n'est pas nécessaire de s'interroger constamment sur le sens de son engagement, il est de temps en temps utile de regarder le chemin déjà fait et celui qui s'ouvre devant vous.

Paradoxalement, regarder d'où l'on vient permet aussi de mieux voir où on va.

Cela est d'autant plus vrai quand on n'est soi même qu'un récent porteur de témoin dans une histoire déjà longue.

Quel est le sens de notre action ? Comment celle-ci s'inscrit elle dans la vie de l'Institution ? Qu'allons-nous léguer à nos successeurs ?

S'agissant du sens de l'action des UDAF, il y a évidemment des constantes, ce sont les missions qui leur sont confiées par la loi.

Ces missions n'ont pas changé depuis 1945: défendre et représenter les intérêts matériels et moraux de l'ensemble des familles, gérer des services d'intérêt familial.

J'entends assez souvent la même question : qu'est ce que l'UDAF défend aujourd'hui pour les familles ? Est-ce la défense de la somme d'intérêts particuliers : les familles locataires ou celles qui sont propriétaires ? Les familles allocataires de prestations familiales ? Les familles consommatrices ? Les familles pauvres ? Quelle politique voulons-nous pour les familles ?

Peut être n'est il pas inutile de rappeler quelques principes généraux.

Chaque famille est une réalité vivante, qui a comme telle des besoins spécifiques, différents de la simple addition des besoins individuels des membres qui la composent.

Chaque famille est pourtant marquée par des attentes et des choix personnels. Chacun a évidemment une conception qui lui est propre de la recherche du bonheur dans la vie de famille.

La conjugaison de ces deux constats participe à faire de chaque famille une réalité originale et devrait interdire tout stéréotype.

Dans une famille, un homme, une femme, des enfants sont solidairement liés moralement, affectivement et matériellement. La famille est un lieu d'exercice de droits, de solidarités et de responsabilités que ni l'âge, ni la distance, ni la séparation ne suppriment.

Les familles apportent à la société une contribution indispensable à son équilibre et à son développement.

Cela implique par simple nécessité de justice, un effort collectif, une attitude accueillante et respectueuse vis-à-vis des familles, l'exercice d'une solidarité active, la définition d'une politique qui garantisse à toutes les familles des conditions permanentes d'épanouissement et de promotion.

Il me semble qu'à chaque fois que nous sommes appelés à nous prononcer sur une mesure destinée aux familles, nous devrions nous poser les questions suivantes :

-Les choix individuels des familles sont ils respectés?

-Le fonctionnement de la communauté de droits et de responsabilités qu'est la famille est il favorisé?

-La collectivité fait elle preuve d'une solidarité valable pour toutes les familles?

Entendons nous bien : pour la définition d'une politique familiale, il s'agit de principes qui se cumulent. Ils ne doivent pas être considérés individuellement et c'est bien là que se trouve la difficulté principale.

C'est bien là aussi que se trouve le sens de notre engagement collectif dans l'exercice des missions qui sont confiées à l'UDAF : défendre, représenter, donner des avis.

Notre Conseil d'Administration réaffirme son intention de prendre toute sa place dans la mise œuvre de cette mission. Je souhaite que chaque administrateur, mais aussi chaque association puisse apporter sa contribution à cette action de l'UDAF.

La loi a également prévu de permettre aux UDAF d'intervenir directement auprès des familles par la gestion de services qui leurs sont destinés.

Il faut bien constater que ce rôle consiste souvent à se préoccuper de celles et ceux qui sont le plus en difficulté.

Cette solidarité a du sens, car c'est celle des familles envers les familles qui en ont le plus besoin.

C'est une solidarité qui est aujourd'hui largement exercée par des salariés auxquels je veux ici rendre hommage.

C'est aussi une solidarité qui est portée en notre nom par des bénévoles qui, au Conseil d'Administration de l'UDAF, en acceptent la responsabilité de manière totalement désintéressée.

C'est un engagement librement consenti, c'est un engagement qui n'a pas de valeur marchande, c'est donc un engagement qui n'a pas de prix.

Les principales institutions, dont l'UNAF, qui mettent en œuvre des mesures de protection juridique pour les majeurs ont récemment publié une lettre ouverte très largement diffusée. (voir ci-après)

Cette lettre ouverte fait suite à un reportage télévisé qui mettait en scène différentes situations de personnes placées sous une mesure de protection.

Elles y exprimaient des griefs vis à vis de la personne ou de l'institution exerçant la mesure décidée par un Juge. Dans d'autres cas, certains membres de la famille intervenaient pour se plaindre de l'exercice d'une mesure que, par ailleurs, ils n'avaient quelques fois pas souhaité exercer eux-mêmes.

Les récriminations voire les accusations portées à l'écran étaient peut être fondées, ce n'est pas à nous d'en juger.

Pour ce qui nous concerne, l'application de la loi du 5 mars 2007 réformant la Protection des Majeurs est une priorité rappelée lors de la présentation du rapport d'activité : le majeur protégé est entendu quand cela est possible, les personnels sont formés et sont soutenus par un encadrement qualifié, le contrôle des magistrats s'exerce, la démarche qualité apporte un plus à l'exercice des mesures de protection.

Tout n'est probablement pas parfait, mais la réalité n'est pas celle systématiquement décrite par les médias.

Cette manière de présenter les choses dans un amalgame constamment répété, est offensante pour les organismes qui exercent les mesures de protection, mais aussi et surtout, pour ceux qui en portent la responsabilité effective : bénévoles ou salariés.

Créée en 1946, l'UDAF est dans l'année de ses 65 ans.

C'est une institution qui sait s'adapter et évoluer.

Notre rôle c'est de continuer à faire vivre l'idée que les familles peuvent exprimer un avis sur les questions qui les concernent directement.

Cela suppose que, si à l'UDAF chacun vient avec ses perceptions personnelles, les responsabilités et les droits sont partagés et toutes les familles sont prises en compte dans l'expression de l'Institution.

Le Président de l'UDAF doit être là pour veiller à ce que cet héritage que nous avons reçu puisse être un jour transmis dans de bonnes conditions.

Alix FIORLETTA

Président de l'UDAF de la Moselle

lettre ouverte:

"une autre réalité de la protection juridique des majeurs existe ! "

 


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