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Actualité

04/11/2011

"L'ambiance sociale est tendue"

Catégorie : Logement

 Article du Républicain Lorrain du 03/11/11

A l'heure où l'équipe mobile de Moselle-est repart à la rencontre des SDF, le point sur la situation au centre d'hébergement et de réinsertion sociale de Sarreguemines, avec Pierre Nierenberger, chef de service.

Pierre Nierenberger, chef de service au CHRS-Udaf de Sarreguemines, rue Geiger : « La crise, on la sent, c'est clair. » Photo Thierry NICOLAS

L'équipe mobile de Moselle-est une "maraude sociale", qui a repris du service ce mercredi. L'occasion de faire le point avec le chef de service, Pierre Nierenberger, sur différentes actions du centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) où elle est basée (rue Geiger à Sarreguemines). Un centre géré par l'Udaf (Union départementale des associations familiales).

-L'équipe mobile : sur signalement ou en visitant les "squats" connus, elle va à la rencontre des personnes isolées qui vivent "à la rue" ou dans des habitats extrêmement précaires. Son originalité est de couvrir tout le territoire est-mosellan, aussi bien dans les villes que dans les zones rurales. Son fonctionnement est financé par l'État jusqu'au 31 mars prochain. Elle est composée de trois travailleurs sociaux : Valérie (déjà dans l'équipe l'hiver dernier, monitrice-éducatrice titulaire d'un master de psychologie), Perrine (assistante sociale) et Kevin (conseiller en économie sociale et familiale). Ils sillonnent la région en binôme, de 10 h à 19 h en moyenne, distribuant boissons chaudes, repas lyophilisés et couettes, et proposant des solutions d'hébergement aux sans domicile fixes qu'ils rencontrent. On peut leur signaler des personnes en difficulté en appelant le 03 87 95 27 96 ou le 115.

-Droit au logement opposable : le poste Dalo financé par la fondation Abbé-Pierre est reconduit pour un an, jusqu'à la fin du mois de septembre prochain. Jacques Forestier tient des permanences hebdomadaires à Sarrebourg, Sarreguemines et Forbach, pour aider dans leurs démarches les personnes qui peuvent prétendre à l'application de ce droit au logement. On peut le contacter au 03 87 27 63 20 (permanence à Sarreguemines les mardis de 9 h à 11 h) ou au 03 87 87 27 62.

-Suivi social des demandeurs d'asile : il était assuré par un titulaire à mi-temps, dont le poste vient de passer à temps plein. Ce travailleur social gère les dossiers de demande d'asile de 136 personnes, hébergées à Sarreguemines, Sarrebourg et Willerwald.

-Insertion et accueil d'urgence : le CHRS dispose de 79 places d'hébergement : 24 en urgence et 55 pour des personnes engagées dans un processus d'insertion. Elles sont déjà toutes prises. Des lits d'appoint sont déployés chaque hiver pour les « mises à l'abri d'urgence », en fonction des plans déclenchés par la direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) : "froid" (température ressentie comprise entre -5° et -10°), "grand froid" (-10° à -18°) et "froid extrême" (en deçà de -18°, où "l'accueil sur chaise" est ouvert). « Mais dans l'absolu, même si on n'est qu'à -5°, on ne laisse personne dehors », précise Pierre Nierenberger.

-Situation sociale tendue : « La crise, on la sent, c'est clair », commente le chef de service, qui travaille au CHRS depuis 1984. L'activité annuelle augmente de 5 ou 6 % chaque année depuis 2008. « Les gens ont de plus en plus de difficulté à avoir accès à l'emploi, et à un logement. » Même si la Lorraine ne manque pas de logements vacants, les publics du CHRS ne sont « pas forcément en capacité d'y entrer, ni de s'y maintenir, vues leurs difficultés ». Pierre Nierenberger note également une « montée des problèmes d'addiction » aux drogues et à l'alcool, et un rajeunissement des publics accueillis. « La conjugaison du contexte socio-économique avec les problématiques des personnes entraîne parfois des situations de tension, difficiles à gérer pour les travailleurs sociaux. »

-Les chiffres : en 2010, 305 personnes ont été accueillies au CHRS, dont 96 femmes. Les 18-25 ans (qui n'ont pas droit aux minimas sociaux) représentent 33,5 % du total, une proportion en hausse depuis plusieurs années. 36 % des hébergés sont originaires de l'agglomération sarregueminoise, 86 % de la Moselle (redirigés parfois par le service du 115).

 


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