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Actualité

05/01/2012

"S'ils acceptent qu'on leur ouvre des droits c'est déjà un grand pas"

Catégorie : Logement

Article du Républicain lorrain du 04/01/12

Perrine Diehl et Kevin Guichard, de l'équipe mobile de Moselle-est, et le chef de service Pierre Nierenberger, dans un squat.

A la rencontre des sans domicile fixe... Premier bilan après deux mois de fonctionnement de l'équipe mobile de Moselle-est, qui va à la rencontre des personnes démunies.

-Les chiffres : c'est le quatrième hiver de fonctionnement de l'équipe mobile. Un hiver plutôt doux pour le moment, comparé au grand froid de l'an dernier. « Malgré tout, le nombre de personnes rencontrées est en augmentation », relève Pierre Nierenberger, chef de service au centre d'hébergement et de réinsertion sociale de Sarreguemines. En deux mois, les travailleurs sociaux ont déjà établi plus de 100 contacts, avec 41 personnes différentes (dont une seule femme). Quatre ont accepté une mise à l'abri, sans compter celles qui se sont présentées d'elles-mêmes à un centre d'hébergement. En cinq mois l'an dernier, il y avait eu 149 interventions auprès de 68 personnes différentes, et 13 mises à l'abri.

-Le profil des personnes rencontrées : ce sont des hommes, âgés de 30 à 60 ans. « Ce sont des gens isolés, qui comblent leur solitude en se groupant à deux ou trois dans un même squat, relate Pierre Nierenberger. Ils ont souvent une grosse problématique d'addiction, surtout à l'alcool. » Beaucoup ont eu un parcours professionnel, qui s'est arrêté de manière brutale. Les liens avec la famille sont généralement rompus. « Mais les raisons qui les ont menés à la rue sont variées. »

-Pourquoi des SDF refusent un hébergement : « Ils sont un peu dans le "rien", formule Kevin Guichard, qui a une formation de conseiller en économie sociale et familiale. Ils ne font de demande ni pour avoir une couverture maladie ni pour des aides sociales comme le RSA. » Son chef de service embraye : « Ils ne veulent pas être dépendants des organismes sociaux. » Beaucoup préfèrent vivre librement en squat plutôt que de se plier aux règles de vie en vigueur dans les centres d'hébergement, comme l'interdiction de consommer de l'alcool. Ces personnes « ont souvent dix ou quinze ans de rue ». « Si elles acceptent qu'on lance les démarches pour leur ouvrir des droits, c'est déjà un grand pas », précise Perrine Diehl, assistante sociale.

-Le rôle de l'équipe mobile : c'est avant tout de « créer un lien » avec ces publics isolés. Car s'ils fuient les institutions, ils sont généralement « demandeurs de rencontres ». « On vérifie leurs conditions de survie en premier lieu », note Kevin Guichard. Les éducateurs peuvent demander l'intervention d'une équipe médicale du CMSEA de Forbach si besoin, obtenir des vêtements auprès de la Croix-Rouge ou d'autres partenaires, etc.

-Fonctionnement : l'équipe est constituée de trois travailleurs sociaux qui sillonnent les zones urbaines et rurales de Saint-Avold, Forbach et Sarreguemines, le coffre chargé de couettes et repas lyophilisés. Seuls ou en binôme, ils visitent les squats connus et les personnes qu'on leur signale, de 10 h à 19 h, sept jours sur sept. L'équipe fonctionne sur des crédits d'État (de la Direction générale de la cohésion sociale) du 1 er novembre au 31 mars. Elle dépend de l'Udaf (Union départementale des associations familiales). Elle est basée à Sarreguemines.

Contact : pour signaler une personne à la rue, appeler le 06 78 95 46 33 ou le 115.

LE REPUBLICAIN LORRAIN


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