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Actualité

23/01/2012

"Ici, les gens à la rue n'osent pas se montrer"

Catégorie : Logement

Article du Républicain lorrain du 20/01/12

Tous les jours, l'équipe mobile rattachée au centre d'hébergement de Sarreguemines passe par le secteur naborien. L'hiver, clément jusqu'à présent, ne multiplie pas les interventions des travailleurs sociaux. Mais ils restent en alerte.

À Saint-Avold, l'équipe parcourt les coins où traditionnellement ils peuvent trouver des personnes en situation de grande précarité. PhotoThierry SANCHIS.

La maraude sociale a été lancée à l'hiver 2008 par le centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) de Sarreguemines. Le gros de l'activité de l'équipe mobile, composée de trois travailleurs sociaux, se fait sur Forbach et Sarreguemines.

Mais le secteur naborien est néanmoins visité chaque jour. « Cette année, depuis novembre on est intervenus auprès de six personnes. Une personne qui en fait est sous tutelle et peut être gérée sans nous et une famille de Roumains [lire par ailleurs, ndlr] », expliquent Perrine Diehl et Valérie Duval, qui, avec Kevin, Guichard assurent la maraude.

Ne pas le prendre de haut

Pas beaucoup de contacts pour l'instant ne serait-ce que pour cette raison : « L 'hiver a à peine commencé. Il ne fait froid que depuis quelques jours. Et tant qu'il ne pleut pas, les personnes sans domicile errent plus facilement. C'est surtout la pluie qui les maintient dans leur abri car ils ont du mal à se sécher. »

L'an passé, l'hiver était rigoureux et les interventions plus nombreuses sur le secteur. « On s'est occupé d'un jeune qui dormait dans une cave à L'Hôpital, d'un jeune qui avait été chassé de chez ses grands-parents à Faulquemont ou encore d'un couple qui squattait à gauche à droite pour deux ou trois jours chez des connaissances », se souviennent les deux travailleuses sociales.

Quand l'équipe tombe sur des hommes et des femmes qui ont besoin de leur aide, le premier bienfait que perçoivent ces démunis est « un lien, un contact, des propos de personnes qui ne les prennent pas de haut ni ne les jugent ».

L'aspect matériel est bien sûr très important : soupes lyophilisées, café, couettes, couvertures et habits sont stockés dans le coffre du véhicule qui tourne chaque jour.

« Quand on rencontre ces personnes, on veille aux conditions de survie pendant la période hivernale : qu'ils aient des vêtements chauds, qu'ils ne soient pas installés dans des courants d'air, etc. Et surtout, on essaie de les faire venir au centre d'hébergement ».

Difficultés rurales

Si le réconfort d'appoint est souvent accepté, l'idée de rejoindre le centre d'hébergement d'urgence de Sarreguemines peut faire l'objet de plus de réticences : « Certains veulent garder leur indépendance. Ils savent qu'il y a des règles à respecter, D'autres peuvent aussi estimer que c'est dangereux. Mais en général, plus il fait froid, plus ils nous rejoignent vite ».

Une autre mission de l'équipe mobile consiste à « leur rappeler leurs droits comme le RSA ou la CMU. Mais certains n'en veulent pas, simplement parce que ça représente des démarches. Notre job, c'est aussi de leur faire prendre conscience qu'il faut accepter ces ressources ».

Pierre Nierenberger, le chef de service du CHRS de Sarreguemines, revient sur une autre difficulté propre aux environs de Saint-Avold : « En milieu rural, le périmètre de la maraude est vaste. De plus, le public est différent du milieu urbain : en ville, les gens n'hésitent pas à être assis devant les entrées d'une banque, etc. Là, ils se montrent moins, vivent plus facilement dans des habitats précaires comme des squats, des grottes, des logements vétustes ou abandonnés. »

L'équipe mobile intervient aussi sur signalement : tél. 06 78 95 46 33.

Textes : Vincent TRIMBOUR.
LE REPUBLICAIN LORRAIN

 


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